vendredi, 02 novembre 2007

A Halloween, c'est pas ce qui fait peur qui fait peur.

0b102f4fbdf0060efb788ce4b3404a42.jpgPendant qu’un coté de l’Atlantique fête ses morts, l’autre mord la vie. Le 31 Octobre made in USA est une cacophonie macabre, un défilé délirant et sanglant, une parade follement funèbre, un inventaire à l’après verre. Scary.

Dès qu’approche le soir, sortent de leurs cimetières les Dracula drapés, les petits chaperons noirs, un ballet de sorcières, une débandade de momies, la version ménopausée de Dorothy (et ses chaussures), Freddy (et ses frères), Frankenstein (et ses balafres), Elvis (et son ex). Il y a en a pour tous les dégoûts. Scary.

Après l’école les parents et enfants courent se préparer. Graham est un Dead Football player, un joueur mort, Saskia est une Dead Witch, une sorciere pas vivante, Eric est un personnage de Bip Movie (un film plein de "bip" mots et d'allusions au "bip"), Christian est Marcus HommeRequin du film Pirate of the Carribean et Garrison est la version blanchie d'un mec avec des dents en or et des bagues en or et des dreadlocks... bref un dealeur de treats. Tension à son comble pour l’étape de transformation.

 La nuit tombée, notre procession de mutants se répand sur la ville comme les corbeaux sur un film d’Hitchcock. A chaque porte, les enfants rejouent à se faire peur. Ils frappent et hurlent : « Trick or treat ! ». On passe sur le trick pour aller directement plonger la main dans des paniers remplis de bonbecs que l'on fait passer dans son plastique. Les plastiques ne résistent pas : après 20 maisons, ils craquent sous le poids des treats. Scary.

Pendant que les enfants s’épuisent et s’ensucrent, les parents descendent au fil des rues. On papote. On plonge la main dans les plastiques. Petite balade ingestive.

Le soir, à la maison, on compte les centaines de trophées. 5 milliards de dollars ont été dépensés en costumes, sucreries, bonbons et chocolats. Scary.

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mardi, 16 octobre 2007

Y-a-t-il une vie apres le foot ?

2640437825e0b2c35708984c6c0c5b29.jpgNotre communauté respire au rythme des saisons sportives, basketball en hiver, baseball au printemps, natation en été, Football américain à la rentrée. So… depuis fin août, la vie locale, sociale et familiale s’organise autour du foot. Fiston fait des pompes et porte le casque mais famille entière suit les matchs, hurle, se déchaîne et sue.

Deux fois par semaine, entraînement. Puis deux fois par semaine, transhumance. La famille se déplace vers une banlieue retirée de Brunswick.

Autour du stade, les voitures se suivent au pas, serpentant à travers les parkings. Chacun croise les doigts pour que le crétin de devant aille se garer plus loin. Puis, on décharge la tribu, les enfants, les protections, les collations, les glacières, les sièges pliables. Puis on se suit au pas, serpentant à travers les voitures. On se reconnaît, on se salue, on s’interpelle, on s’échange des banalités, on se souhaite bonne chance. Chacun croise les doigts pour que leur fils – qui n’est pas dans l’équipe de Fiston- aille gagner plus loin.

Le complexe sportif résonne des cris de parents, d’enfants, d’arbitres, de sifflets, de sonneries... Ça sent le pop corn, le hot dog, la kermesse, la sueur, l’encens et le soir qui tombe. Sur chaque terrain s’opposent les couleurs, les casques et les espoirs de victoire. Sur le bord hurlent les parents, les entraîneurs et les moustiques.

Les familles se télescopent. Les « matchs de 7 :30 p.m. » regardent les « matchs de 6 :30 p.m. » en attendant leur tour. Les « 7 :30 » regardent en se grattant les parents des « 6 :30 » hurler et se démener et se démanger et encourager et menacer et suer, comme si leur vie dépendait de la victoire de leur Fiston. Quelle honte ! Et il est ou, le plaisir de participer ? Le compteur de temps tourne au ralenti. Les « 7 :30 » s’impatientent scratch-scratch, pendant que Fiston s’échauffe scratch.

Enfin, les « 6 :30 » débarrassent le terrain et s’en vont gratter leurs moustiques et leur defaite ailleurs. Les abords du terrain retrouvent leur calme, quelques enfants jouent au chat, nos Fistons se regroupent autour de leur entraîneur. C’est beau le sport. Les mères et les pères discutent gentiment et dignement et se sourient pendant que les Fistons se préparent.

Place aux « matchs de 7 :30 p.m. ». L’équipe de Graham, les Barbaritos, s’oppose à…. À…. Well, Les parents ont un peu oublié. Soudain un frisson traverse le groupe, un murmure : « Outback a perdu ». La sibylline formule est accueillie avec joie : Les Barbaritos sont désormais la seule équipe de l’île a n’avoir pas souffert de défaite. NOUS avons gagné chacun de nos matchs. Nos fils ne perdront pas celui-ci. La pression s’intensifie.

Au coup de sifflet de l’arbitre… Les Fistons se ruent les uns sur les autres, le ballon disparaît sous un amas de chair, de casques et de choses indéfinissables qui furent nos Fistons. Les parents retiennent leur souffle, leurs espoirs et leur dignité. scratch. Pause scratch-scratch. Et… huuuuuuuuuuuuurlent : « Chargeeeeeeeeeez ! » La dignité se dilue dans la fureur et le bruit. Qu’importe le nom de l’équipe adversaire, tant qu’il y a l’ivresse. La hargne se nourrit de sueur et de frustration. Et chacun croise les doigts pour que SON fils gagne.

Il est 8 :30 p.m. 08 à 22. Graham a gagné.
C’est beau le sport d’équipe.

jeudi, 27 septembre 2007

Histoire de Lune

877d2762f840c423323ebbc87ac1d221.jpg- Look at this guy Mom! He is mooning!
- Wouat, quoi ? Un type ? Quel type fait la Lune ?
- Là, là, sur le trottoir !

Et voilà, comment j’appris que la raie du cul –ici aussi- est lunaire. Les faces de Lune lunatiques lunent sur les trottoirs de Brunswick…. À Paris, le spectacle est solaire. Ça a du bon, les trous perdus !
 

mardi, 14 août 2007

C'est pas la canicule chérie, c'est l'été...

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jeudi, 26 juillet 2007

Moi-pas...

e2de95073a175e0a435b9836e27c397a.jpgCe fut l’événement de la semaine. Mes amies en rêvaient depuis des années. Moi pas. Mes collègues l’attendaient. Moi pas. La rue murmurait son nom, chuchotait des dates d’ouverture. Moi pas.
Puis les invitations au « Grand Opening » s’échangèrent sous le manteau. Une centaine d’heureux élus locaux reçurent un sésame personnalisé. Moi-pas.

Le jour de l’inauguration le monde se partagea entre les j’en-suis et les gens ordinaires. Le lendemain, notre monde se divisa entre les j’y-étais et les… Moi-pas.

Etre où ? Ouverture de quoi ? Moma local ? Salle de théâtre ? De sport ? Restau de sushi ? Boutique ? De fringue ? De shouz ? Chanel ? Gucci ? Un Club de night ?

Un supermarché.

Target a ouvert mercredi soir, à Brunswick. Tout ce buzz, toute cette excitation pour un supermarché ! Voilà qui en dit long sur le nombre d’endroits où la shoppeuse locale peut assouvir son vice. Voilà qui en dit long sur le nombre et la qualité des événements locaux. Gosh, on eut dit la commune de Bazouche-les-alleux à l’annonce de l’ouverture d’une coop’agricole. Mais, non, s’agit de Target.

Target –prononcez tar-jai, à la French- est un mélange de Monoprix et d’Auchan, un marketing orienté Design avec un lieu de vente proche de l’hyper. L’enseigne surfe sur la tendance balai-de-chiotte made in Starck et presse-purée by Putman. Le « Tout-Design» est devenu sa signature, alors que le «Tout-Connement » reste celle des points de vente. Mais on s’en fout. Comme chez Monop, tu sors les bras chargés de pauvres pochons plastiques et ton banquier continue de t’appeler « Ma chère ». Et non l’inverse. Comme chez Auchan, tu arrives avec une liste et tu ressors avec le reste.

Moi, cette euphorie autour de l’ouverture d’une banale grande surface, cette impatience consumériste, me donnent des sueurs. Froides. Je suis tellement au-dessus de cette superficialité. J’ai assuré Titi : on ne m’y prendra pas, avec cette Target. Je ne mettrais pas les pieds dans cet attrape-shoppeuse de bas étages.

Du moins, pas avant septembre. Je tiendrais un mois. Easy. Zen.

Reste 36 jours.

Merde. 36.

mercredi, 18 juillet 2007

Nom de nom

30606db73c06fee2da0720e45985878a.jpgLe choix des prénoms donnés aux enfants sudistes me laisse perplexe.

Il y a les noms-noms, très très mimis (surtout avant deux ans) : Bibi, Nana, Lala, Bebe, Jojo, Mimi, Deedee, Cissy, Lilly, Kiki…
Suivent les non-innés, surnoms (souvent offensifs sinon c'est pas drôle) devenus prénoms : Coffee, Pickle, Chubby, Buddy, Bread, Bee, Bat, Boss, Pumpkin, Bubba, Poker, Rusty, Dusty, Giant, Buzz, Pookie, Skip… (Café, Cornichon, Potelé, Pote, Pain, Abeille, Chauve-souris, Chef, Citrouille, Pépé, Poker, Rouillé, Poussiéreux, Géant…)
Viennent les noms de famille, devenus prénoms (très très chic, presque aussi chic que Junior, Senior ou III) : Slater, Lanier, Landsford, Skeeter, Ringan, Barton, Holcomb…
Arrive un cortège de southern-noms donnés aux seules southern-belles (vous voyez une new-yorkaise s'appeler Peggy Sue, vous ?) : Betty Lou, Lisa Marie, Jo Beth, Barbara Ann, Sara Beth, Lucy Ann...
Puis les petits-noms, les surnoms : Bobby, Bill, Mack, Mick, Rick, Vick, Drew, Cathy, Betty, Abby, Tim, Ron, Pam…
J’oubliais, les noms-état-civil (très pratiques pour engager la conversation) : April, May, June, September, December, les Alexandria, Augusta, Carolina, Charlotte, Dallas, Georgia, Savannah, Thames (photo)…
Enfin les noms aux consonances étranges (du moins pour moi) : Raiferd, Kenyon, Eulalia, Huitt, Stiles, Payne, Trevor, Truitt, Ladd, Bowie…

Moi, je suis devenue "French Anne".
Quand on y pense, « Anne » c’est d’un ennuyeux.
“French Anne” est effectivement plus exotique,
Et puis, par les temps qui courent, c'est plus class que Paris.

mercredi, 11 juillet 2007

the Bunko gals are in town

a447321fa22846cbbd26936705aa3b31.jpgLes Etats-Unis de Georgie du Sud est un monde très sexiste. Et vous pouvez compter sur les filles pour en rajouter. Ici les « gals*» s’habillent en rose, boivent leur Corona le petit doigt en l’air, rient comme des baleines hystériques et sortent entre elles à la moindre occasion. Il y a la soirée de filles, le dîner de filles, le book club, le whine club, le tupperware club, le happ’hips hour, le whatever shower**…. Et le bunko.

J’ai fait les premiers, les suivants, me voilà bunko-girl myself (Règles du bunko en bas de note). Depuis que nous avons déménagé sur le continent, je découvre un réseau féminin aussi fort qu’étendu. Mes voisines deviennent des copines qui me présentent leurs voisines qui deviennent des copines qui présentent leurs voisines… Et tout ce petit monde de fille se retrouve chaque mois pour jouer au Bunko.

Jamais vu jeu plus…. Elémentaire. Et tel est le secret. Bunko doit être le seul jeu collectif qui permet de boire et papoter et boire et papoter et se resservir et papoter, pendant les parties sans perdre le fil… de la conversation. Et croyez-moi, lundi soir, j’ai beaucoup, beaucoup, beaucoup… papoté et je suis quand même repartie avec $50 !!

La question se pose, malgré tout : que font les boys de tout ce temps sans Poupoune ?


* Ici, les girls s’appellent gals, pas sûr que les boys puissent user du terme !

O.K., allez, je sais c’est mercredi, mais on se concentre : 3 dés, 6 tours, 2 équipes de 2 personnes par table. Chacune son tour roule les dés. Premier tour, on roule pour les uns, deuxième tour pour les deux, troisième pour les…. Jusqu' au sixième tour ou l’objectif est de tirer des… six ! Bravo.
O.K. on reste focus : nous sommes, par exemple au deuxième tour. Je jette les dés. Si je tire un deux, je re-roule jusqu'à ce que je ne tire pas de deux, je passe alors à l’une des équipière de l‘équipe adverse qui jette les dés. Si elle tombe sur un deux, elle continue, sinon elle passe à mon équipière qui jette les dés….. Jusqu'à ce que l’une des deux équipe atteigne le score de 21. Si vous tombez sur 3 deux, c’est 21 direct, c’est Bunko ! Palpitant.

mardi, 10 juillet 2007

Rebecca, reine du pop

432cc37556d47f44283bc9f809be804b.jpgLe pop-corn-beurre-coke est au cinéma ce que le plateau est à la télé : Vous pouvez faire sans et sain, mais c’est tellement mieux avec. Calories en prime… time.

Toute salle de cinéma qui se respecte, nourrit un vibrant concert pop cornien de mandibules s’attaquant aux rondeurs beurrées avec la régularité d’un métronome bien graisseux –pardon- graissé. Le public sort repu, les doigts salés et parfumés, « Merci, oui, les pop-corns étaient bons ».

Pour apprécier le film, faut se fondre dans la masse, coller à l’audience, plonger bruyamment le bras dans son sceau, en cadence, avec son voisin, enfourner haut & fort son mais gonflé, mastiquer lorsque les autres mastiquent, et savourer en chœur ce moment d’intense fusion.

Chaque fois, je fais l’impasse sur ce pilier de l’expérience culturelle américaine. Mauvaise mère. Je prive mes kids de cette communion religieusement cacophonique et calorique. Cette fois Rebecca était avec nous. Nous sommes allés voir Ratatouille (prononcez à l’américaine : Ra-ta-tou-i), une histoire de Chef Rat vaut bien un petit écart. Allez Rebecca, supersize-nous !

mardi, 17 octobre 2006

Le stew est à Brunswick ce que la blanquette est à Limoux

medium_IMG_6002.JPGBrunswick est une « ni » ville au nom étrange : ni enfant célèbre, ni bataille fameuse, ni miracle, ni invention, ni siège social, ni gloire, ni espoir… Sinon celui d’être un jour reconnue patrie du Brunswick Stew*.

Depuis 8 ans, chaque octobre, Brunswick sort ses chaudrons pour sa grande compétition de stew : l’Annual Brunswick Rockin' Stewbilee. Le midi, on bouffe, le soir on assiste au concert. En 2005, les B52’s nous ont regardé digérer, en 2006 c’était au tour des Blues Travelers.

Cette compet’, folks, c’est du sérieux. Les restaurants entrent en lice -histoire d’ajouter un titre attrape touriste à leur menu ; suivis des banques -qui ont tout le temps de concocter leur recette ; l’hôpital local envoie son équipe de stewologues ; le lycée offre sa version académique ; la fabrique de surgelés du coin propose une recette givrée ; la salle de sport parraine un healthy stew… Y-en-a-pour les les stews. Suffit de tenir un stand entre 11 :00 et 2 :00 et d’assurer un minimum de 85 pounds, 10 gallons de stew, 37 kilos de ragoût !

Samedi dernier, 8000 personnes se sont goinfrées… Et nous et nous et nous. Pour $8 chacun, nous avons testé… 15 stews ? 20 stews ? Autant de stands, autant de stews. Des liquides, des sucrés, des très sucrés, des épicés, certains avec lima beans, d’autres sans porc… Autant de stands, autant de recettes. Si la base du Brunswick stew est viande, oignons, tomates, bouillon de viande ou fumet, certains amateurs ajoutent mais, pommes de terre, haricots, poulet, jambon ou miel. Je connais des fous de Worcestershire, ail, jus de citron…

En fait, le vrai mystère du Brunswick stew –ou miracle suivant votre penchant pour l’intervention Divine- est que quelle que soit la recette, quelle que soit l’équipe, tous les stews finissent par se ressembler….

Merde, je crois bien que je viens de griller ma chance de participer au jury officiel 2007.


* Titre contesté par Brunswick Caroline du Nord et Brunswick Virginie et Brunswick Ohio, et Brunswick Maine et…

Photo : Membres de l’équipe de Jekyll Island Authority, vainqueurs du People’s Choice Award, le vote populaire.

lundi, 04 septembre 2006

Tour of (my) Home(s)

Pour mesurer le fossé culturel me séparant de mes Ami-ricians, suffit d’une invitations. A table, la position d’un bras (sur ou sous la table ?), le service (chacun son tour ou chacun pour soi ?), la couleur d’un verre (rouge ou verre d’eau ?), le ton de la conversation (policée ou polissée ?), les sujets de conversation (politique-bouffe-foot ou foot-bouffe-enfants), le menu (à rallonge ou raccourci), le contenant d’une soucoupe (pain ou salade ?), soupe en entrée ou fromage et dessert ?.....

Mais avant de passer à table, laisser vous entraîner dans le sacro-saint “Tour du propriétaire”. Si vous êtes en territoire français, vous ne verrez rien, à peine visiterez-vous le jardin et ses rangs de tomates, la cave et ses rangs de piquette, le salon Monsieur Meuble, la vue depuis le balcon, et l’écran placenta. La Française vous présentera sa nouvelle hotte aspirante et le chemin des toilettes. Point. L’Ami-ricain, lui, ne vous épargnera rien. Depuis le nom de son architecte jusqu’à la provenance des carreaux de la salle-de-bains rose. Pas un placard que vous n’aurez inspecté, pas une penderie que vous n’aurez manqué. De l’épaisseur de la moquette à celle du papier-peint, en passant par la place de Monsieur, au lit ou l’histoire du lit de la chambre d’amis dont le bois.... bla-bla.

Il faut être Américaine pour trouver les mots d’extase adaptés à chaque nouveau détail, chaque pièce, chaque meuble. Il faut être Américaine pour ne pas ressentir ce petit sentiment de violation de domicile, d’inspection d’huissier ou de voyeurisme. J’aime le mystère, cette part d’ombre, ignorer la couleur du lavabo de mes voisins, ou la manière dont Donna range ses chaussures et Bobby ses cravates.

Je me suis longtemps demandé pourquoi mes Ami-ricaines n’invitaient jamais, ou si peu. L’énergie dépensée à briquer ses fonds de tiroirs et cuisiner dans un même élan, me semble écrasante. Et je ne parle pas de la pression sociale : s’agit pas que les invité(e)s ne découvrent que le rabat de vos toilette est en plastoc et votre lit n’est pas à baldaquin. Faites briller. Ceci dit, ce petit tour est le bienvenu. Dans une région ou tout sujet d’actualité, politique, social, racial, religieux, intime, sexuel... est tabou, la couleur du couvre-lit semble un sujet inoffensif et anodin et bienvenu. Au final, j’en aurais appris plus sur mes hôtes en un tour de chambre qu’en une soirée de papotage anodin. Est-ce pour cela que mes invités se contentent de la cuisine ou du salon, au risque de limiter les sujets de conversation ?

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