lundi, 29 octobre 2007

Cold Feet

f4d9f0f47ad036150f4ce2798bae7f9d.jpgDimanche, j’ai des envies de soupe. Epaisse. Aux saucisses. Signe infaillible. Prémonition.
Avant-hier, les premiers indices apparaissent. Tangibles.
7 mois.
Mes milliers de muscles horripilateurs s’horripilent.
7 mois, déjà.
Chair de poule, frissons.
210 jours.
Dans la nuit la sensation s’intensifie intensément.
5040 heures.
Mes extrémités capillaires se rétractent, mon épiderme panique.
7 mois.
Et soudain, voilà, ça y est. Il est la le froid, le grand.
7 mois sans petite laine, sans chaussettes, sans vin chaud, sans potée. C’est long.
Dieu que c’est bon. Nos corps engourdis d’humidité chaude se réveillent doucement. Ce week-end nous monterons au grenier chercher les pulls. Je sortirai les couvertures.
Hier, le thermomètre frôlait les 60 degrés Fahrenheit, 16 degrés Celsius ! Quand je vous dis qu’il fait froid. No kidding.


PS: J’encourage fortement Titi à souscrire à l’assurance « Pied froid » « Cold feet » de firemansfund.com
Ca va servir… No kidding.

lundi, 18 septembre 2006

Monde de requins

medium_hhead.jpgHier, fin de journée. À l’heure où les envahisseurs du dimanche désertent East Beach… Des milliers de shrimps reprennent leurs droits sur les nageurs, le maquereau espagnol remplace le touriste géorgien, le Bass rouge remplace les peaux blanches, la marée s’attaque aux châteaux… Et les frenchies vont au bain. Plus un nageur à l’horizon, la mer nous appartient. Nous reprenons victorieusement un territoire usurpé : à nous le sable dans les oreilles, le maillot au varech et la peau salée !

Zouzoune d’amour plonge dans les vagues, Graminou se roule dans le sable et l’écume, Mademoiselle Lucy Lucette aboie de bonheur. Je reste au bord, à surveiller mes chiots. Le courant est puissant. À chaque vague, mes pieds s’enfoncent un peu plus dans le sable. Bonheur.
Le pêcheur installé à 20 mètres de nous fait une touche, sa canne se courbe violemment, Pêcheur bobine, débobine, rembobine. La foule des marcheurs du dimanche soir s’amasse autour de ce jeune homme et sa mer.

Deux requins en moins de dix minutes. Un petit Scalloped hammerhead shark d’un metre et un beau Atlantic sharpnose.
- La pêche est bonne, ce soir, Monsieur Pêcheur !
- Moyenne, normalement à cette heure-ci ça pullule : Sandbar shark, lemon shark, Blacktip shark, Bonnethead shark, Spinner Shark, Finetooth shark et whatever shark. Ils sortent le soir.

Mourir.
Sont pas si cons les touristes et les locaux de nous laisser la place, les fourbes, monde de requin.

Il ne me reste plus qu’à convaincre Zouzoune qu’elle n’a rien d’une crevette et que ces requins-là, comme les autres poissons ne se nourrissent que de mollusques et petits poissons et que si maman reste au bord c’est pour mieux surveiller, meme pas peur. Monde de requin.

mardi, 29 août 2006

C'est dur d'être prude

Caissière 1 : Quel titre avez-vous dit ? Pas entendu.
Moi : Hum, pour mon book club, je cherche la pièce “Les monologues du vagin”.
Caissière 1 : Les monologues du machin ?
Moi : Vagin.
Caissière 1 : Entends pas.
J'ai pourtant choisi une femme d'age mûr, certainement équipée dudit… hum-strument. Je ne vais quand même pas te le hurler ? Si ?? Soit.
- Va-Gin (et que je te l'épelle dans la foulée), V-A-G-I-N.
Le caissier voisin se retourne, jeune et mignon et, forcement, hilare. Je n'ai pas rougi comme ça depuis qu'en 5e A, Mélanie Pouchon et ses gros lolos m'ont demande si j'avais déjà baisé. “Bee” quoi ? “Ber”, comme laisse tomber !
Caissière 1 : Ah ! Vagin. Vous cherchez “Les monologues du vagin” d'Eve Ensler ?
Moi : Certainement.
Caissière 1 : M'en reste deux.
Caissier 2 : C'est plus un monologue, c'est de une conversation ! S'étouffe le caissier.
Caissière 1 : M'en reste deux, réservés under Johnson, sous Johnson.
Caissier 2 : Sous Johnson !! Répète le cute caissier hilare, ma caissière s'y met aussi. J'ai dû louper un épisode… Je ne savais pas, moi, que Johnson, en argot d'avant et d'ici, c'est comme « popaul ou popol» en argot d'avant et de chez moi. Le zizi quoi. Le fossé culturel est parfois… impénétrable.

dimanche, 09 juillet 2006

30 millions d'incompris et moi et moi et moi...

La maman d'Archie ne savait pas qu'ils etaient si nombreux.

- Je ne comprends pas du tout le plaisir que tu prends a regarder Ca !

Vautre dans son fauteuil, Archie leve un sourcil avant de soupirer : 

- M'mam, "Ca" est un match de foot. 

- Whatever, je ne comprends pas les gens qui aiment ce jeu. Tu dois bien etre le seul, tient ! 

- Seul parmi 3 millions de spectateurs a travers le monde, mam'! 

 

30, Archie. Ils sont plus de 30 millions a regarder le match. 

Savait pas Archie que l'on peut se sentir tout seul parmi 30 millions d'incompris.

mardi, 23 mai 2006

Le coup du lapin...

medium_img_5003.jpgJe ne sais pas ce qui m'a séduite ? La couleur argentée ? Le bouchon à vis ? La référence à ma mère patrie ? L'évocation, la promesse de plaisir instantané ? 'cune idee !
Celui-la, je ne sais pas s'il avait du slip, de la cuisse ou de belles jambes, mais croyez-moi, lorsque l'on se prend un petit coup pareil, ça sonne !!

samedi, 08 avril 2006

Les filles avec les filles, et inversement

medium_img_4845.jpgDepuis leurs premiers pas dans la vie sociale sudiste, les filles sont avec les filles et les garçons avec les garçons, comme dans une église baptiste. Ce monde n’est pas machiste, il est sexiste.

Par omission ou par action, les anniversaires auxquels les kids participent sont souvent unisexes : essayez d’inviter Graham à une pyjama’s night ou Saskia à une skate board party !

Plus tard, il y a les fraternités alpha-gamma-gros-beta, ouvertes aux frères étudiants, pendant que leurs sœurs étudiantes entrent dans les sororités. Parfois, ils se retrouvent. Après quelques bières, le chromosome manquant n’est plus un problème, mais un atout. Les frères et les sœurs se retrouvent assez souvent pour s’épouser. Rien d’incestueux, ce regroupement s’appelle “union” ou encore “nécessité biologique”, pour les garçons, “obligation sociale”, pour filles.

Seulement, en dehors de cette union, toujours mixte en Géorgie - en dehors cette union et de quelques soirées “de couple”, mes amiricains font ripaille à part. “Girls’ night” pour les filles, soirée BSCT pour le sexe opposé : bières-sport-canapé-télé. Et vous pouvez être sur que personne n’échangerait sa soirée pour celle du conjoint.

Coté garçons, l’actualité sportive est suffisamment dense pour occuper les mâles pendant plusieurs vies : il y a le foot, le basket, le base-ball, le golf, le catch. Il y a les tournois “Inter” : inter-villes, comtés, états, inter-sud, nord ou ouest, inter-université et ceux entre pros et........

Les filles ont le choix entre des soirées de fiiiiiiiiiiiilles ou les soirées entre filles. Dans le premier cas, les copines se retrouvent au restau. Elles partagent une salade, l’addition, les fou-rires mais jamais leurs cocktails. Elles profitent de l’happy hour pour s’enfiler quatre verres au prix de deux puis commandent finalement des hors d’oeuvres ultra caloriques* pour absorber l’acool mais aussi et surtout, parce-que-ca-fait-plaisir-aux-copines.

Les soirées entre filles, sont organisées chez l’une ou l’autre des fiiiiiiiillles.
Règle numéro un, on ne se réunit jamais uniquement pour le plaisir de papoter. Croyez-moi, il faut une excuse valable pour laisser si souvent son gentil mari et ses gentils enfants.
Alors, il y a les book-clubs, les mothers-clubs, les wine-club, les bridge-clubs, les garden-clubs, les swap-club, les craft-clubs, les groupes de prière ou les ventes de sex-toys.
Règle numéro deux, on se fait plaisir. Bonne bouffe et alcool. Chacune apporte sa bouteille, un aperçu de ses talents de cuisinière, ou des cup-cakes de Betty Crocker (http://www.bettycrocker.com/).

Lorsque les fiiiiiiiillles prennent de l’aaaaage, théine et caféine remplacent l’alcool. Les grannies se réunissent le matin, après la gym, autour d’un café. Elles se retrouvent après le shopping, pour déjeuner, atour d’un thé sucré glacé, boisson sudiste par excellence. Après la sieste, elles se regroupent pour siroter leur darjeeling et toujours pas de garçons à l’horizon. Pépé est avec ses copains. Ils partent chasser le gardon, la biche ou le cochon, ils golfent, ils lisent les pages Sport et repartent golfer. Et toujours pas de fille à l’horizon.


* Genre fromage fondu, façon fondue ou épinards-mayo façon... mayo, ou sticks de mozzarella panés ou “bagues d’oignons” frites, j’en passe et des plus riches.

jeudi, 23 mars 2006

Jesus, Super Star Academique

Dans certains coins du globe, le radicalisme religieux fait pousser la barbe, emprisonne les hommes dans un corpus dogmatique et jette un voile obscurantiste sur les femmes. Ici, rien de tout cela !
Radicalisme devient renouveau, religieux devient spirituel. La société terrorisée par les terroristes prie pour un retour aux valeurs morales -retour n’étant pas synonyme de repli, mais de renouveau, nuance.

Ce retour est un réflexe défensif. Faute d’installer des barbelés sur ses frontières, la société élève des barrières vertueuses contre l’influence impure des impies. On fait ce que l’on peut avec ce que l’on a. Et ici, de la foi, on en manque pas.

Seulement, comme dans beaucoup de pays occidentaux, la jeunesse n’est plus ce qu’elle était : jeunesse pieuse... esclave des valeurs communautaires. C’était le bon temps !

Que l’Amérique se rassure, renaît l’espoir.

La Géorgie va devenir le premier état inscrivant l’étude de la Bible dans ses tables de la Loi. Le cours, optionnel pour les élèves comme pour les lycées d’enseignement public, enseignera l’“Histoire et Littérature dans l’ancien et Nouveau Testament”. La Bible sera appréhendée en tant que texte fondateur. Il ne s’agit pas de dogmatisme mais d’enseignement académique. Fondateur de la littérature universelle, mondiale, américaine, sudiste, fondateur de l’histoire universelle, mondiale, américaine, sudiste, fondateur des valeurs universel... Il ne s’agit donc pas de dogmatisme mais d’enseignement académique. La précision ne vient pas de moi mais de l’un des avocats chargé de faire passer cette loi, entendu ce matin sur www.npr.org.

Et que l’on ne me parle plus de la séparation entre l’Eglise et l’Etat : dans mon pays, on ne divorce pas !

dimanche, 05 mars 2006

Pisque c'est dimanche...

medium_9471.jpgEt pisqu'on parlait picole, et pisque c'est careme, et pisque je suis entouree de pratiquants sudistes (que mes amis indigenes me pardonnent ce tautologisme), comme eux, j'ai decide de "give-up something", de me priver d'une chose essentielle pendant 40 jours. J'ai pris la resolution de me priver de vin blanc sulfate. Fini, termine.

Depuis mercredi. je suis passee au rouge. Au rouge organique. Je sais, c'est dur.

C'est long 40 jours, c'est long 40 nuits, mais je tiendrai.

 

Legende de la photo, avis eaux amateurs: Our Daily Red est un vin de cepage carignan eleve en Californie. Elevage en futs de chene francais et amiricains, aucun d'ajout de sulfites, grappes 100% organiques, chais fonctionnant a l'energie solaire, exploitation familiale, methode bordelaise, etc. Voici la recette de ce jus de raisin fermente dont on oublie rarement qu'il est avant tout un jus de raisin fermente. Vin de garde affirment les producteurs et j'approuve : boire un vin pareil c'est un pecher.