« 2006-10 | Page d'accueil | 2007-08 »

mardi, 31 juillet 2007

C'est le « Moi » du Blanc !

28573c023ba2f8cc0ab9b578a0a46ba9.jpg- Mom! L'est pas juste ce type.
- Qui pas juste Graminou ?
- Marvin, l’est pas cool, l’est un cheateur.
- Et pourquoi l’est traité de pas-cool-tricheur Marvin ?
- He did the Indian Trade!
- QUOI !! Marvin fait de l’ « échange Indien »… Euh, c’est quoi ça ?
- C’est nul, c’est quand t’échanges un truc et qu’après tu te bats pour le reprendre.

Si c’est pas de la réécriture d’histoire à la sauce blanche, ça ! Si c'est pas de l’endoctrinement de leucoderme ! Comment dire à Graminou que cette expression est celle du racisme ? Comment lui dire que si elle avait un fond de vérité, je ne pourrais pas blâmer les Indiens d’avoir voulu reprendre ce qu’un marché de dupes leur avait volé ? Comment ? Parce que, soyons honnetes, quoiqu'Amnesty et consorts fassent, la raison du plus blanc lavera toujours les meilleurs.

jeudi, 26 juillet 2007

Moi-pas...

e2de95073a175e0a435b9836e27c397a.jpgCe fut l’événement de la semaine. Mes amies en rêvaient depuis des années. Moi pas. Mes collègues l’attendaient. Moi pas. La rue murmurait son nom, chuchotait des dates d’ouverture. Moi pas.
Puis les invitations au « Grand Opening » s’échangèrent sous le manteau. Une centaine d’heureux élus locaux reçurent un sésame personnalisé. Moi-pas.

Le jour de l’inauguration le monde se partagea entre les j’en-suis et les gens ordinaires. Le lendemain, notre monde se divisa entre les j’y-étais et les… Moi-pas.

Etre où ? Ouverture de quoi ? Moma local ? Salle de théâtre ? De sport ? Restau de sushi ? Boutique ? De fringue ? De shouz ? Chanel ? Gucci ? Un Club de night ?

Un supermarché.

Target a ouvert mercredi soir, à Brunswick. Tout ce buzz, toute cette excitation pour un supermarché ! Voilà qui en dit long sur le nombre d’endroits où la shoppeuse locale peut assouvir son vice. Voilà qui en dit long sur le nombre et la qualité des événements locaux. Gosh, on eut dit la commune de Bazouche-les-alleux à l’annonce de l’ouverture d’une coop’agricole. Mais, non, s’agit de Target.

Target –prononcez tar-jai, à la French- est un mélange de Monoprix et d’Auchan, un marketing orienté Design avec un lieu de vente proche de l’hyper. L’enseigne surfe sur la tendance balai-de-chiotte made in Starck et presse-purée by Putman. Le « Tout-Design» est devenu sa signature, alors que le «Tout-Connement » reste celle des points de vente. Mais on s’en fout. Comme chez Monop, tu sors les bras chargés de pauvres pochons plastiques et ton banquier continue de t’appeler « Ma chère ». Et non l’inverse. Comme chez Auchan, tu arrives avec une liste et tu ressors avec le reste.

Moi, cette euphorie autour de l’ouverture d’une banale grande surface, cette impatience consumériste, me donnent des sueurs. Froides. Je suis tellement au-dessus de cette superficialité. J’ai assuré Titi : on ne m’y prendra pas, avec cette Target. Je ne mettrais pas les pieds dans cet attrape-shoppeuse de bas étages.

Du moins, pas avant septembre. Je tiendrais un mois. Easy. Zen.

Reste 36 jours.

Merde. 36.

lundi, 23 juillet 2007

Chacun voit l'midi à sa door

- Aaah Paris, tout le monde dit « C’est beau ». Moi ? Did not like it !! Pas aimé ! La ville est trop « urbaine ».
- Certes, Paris est very much une ville urbaine.
- Je suis aussi allée à Carcassonne, dans les Calanques, puis dans une auberge de jeunesse sans électricité située en haut d’une colline. Très très typique, romantique. Tu connais ?
- Ah ! Oui, vraiment, pas d’électricité, c’est… Typique (de quoi, mystère), et definitivement non-urbain. Mais, Euh, non, désolée, connais pas !
Le « Ah » déçu qui suit en dit long sur ma crasse ignorance.
- Well, j’ai vraiment adoré le Sud de la France, c’était magnifique. Ça ressemble tellement à notre South !

Con-clusion :
1/ Le dépaysement qu’on connaît, c’est plus mieux que celui qu’on connaît pas. Le seul intérêt des voyages étant de nous rappeler qu’ya jamais mieux qu’che soi.
2/ Absence d’électricité favorise le romantisme, surtout en altitude.
3/ Nous n’avons pas voyagé dans les mêmes Sud.
4/ Les brèves de cocktail valent celles de comptoir.

vendredi, 20 juillet 2007

Vicktime ou vicktorieux ?

020e8db90a271922c8b032d14766c77a.jpgSois footballeur mon fils. C’est tout le mal que je te souhaite, si par le plus grand des malheurs, tu voulais mal tourner. Que les amateurs de danse sur glace, changent de site. Ici, on cause life et pas celle des chiens.

Si tu aimes les shorts moulants, les pecto craquants, les carats aux oreilles et les dents en or. Sois footballeur mon fils.
Si tu aimes cogner, insulter, cracher, les coups de boule et les boules à zéro... Sois footballeur mon fils.
Si tu aimes sniffer –et pas du vaporub-, si tu aimes fumer –et pas que le saumon… Sois footballeur mon fils.
Si tu aimes les combats de coq, de chiens et de poules de luxe… Sois footballeur mon fils.

Footballeur… amiricain. Et Michael Vick sera ton Dieu. Vick, 27 ans, quarterback chez les Faucons d’Atlanta, est le premier quarterback de l’histoire de la fédération à atteindre les 1000 yards. Son contrat est faramineux, Nike développe une ligne signée Vick... Respect.

Pour ajouter à sa success-story, l’idole des jeunes totalise autant d’inculpations que de touchdowns. Re-respect. Il y a les hymnes à la Marie… Jeanne, les odes à Coco… et pas la Chanel Il y a les insultes, les injures et (qui fume un œuf, sniffe un bœuf), voilà Vick poursuivit pour sa participation active à la renaissance de la mode des combats de chien.

Malgré une interdiction dans 48 états sur 50, malgré un accès plus difficile que celui du cartel de la drogue, le combat de iench revient chez nos amers-ricains. C’est ça, le progrès made in USA. Comme disait en substance le Sénateur Don Jaioublie le Nom : pourquoi interdire les combats de chien dans un pays où l’avortement n’est pas totalement interdit ? Ne plaçons la vie des toutous au-dessus de celle des bébés. (Entendu ce matin sur National Public Radio)

En attendant, Vick va reprendre l’entraînement et Nike ne projette pas de cesser le combat… Pardon, le contrat. Certes Vick fume, sniffe et se drogue et tue le pitbull. Mais nobody est parfait. Sois footballeur mon fils, et tu seras absous. In Nomine Patris et Nike et Spiritus Sancti.

"Pauvres humains" disait Graminou, pourtant fan de Vick, en entendant les news ce matin. "Pauvres humains"...


* Vick est THE Falcon’s quarterback, Arrière Quart chez les Faucons d’Atlanta. En une carrière à la Fédération Nationale, Vick a effectué 930/1,730 passes pour 11,505 yards, 71 touchdowns pour 52 interceptions. En 2006, il totalise 20 touchdowns et 1,039 yards. Son contrat de $137 million fut le plus élevé jamais signé en NFL. Ses contrats publicitaires pleuvent, Vick signe une ligne de chaussures avec Nike, s’affiche avec les rappeurs en breloque d’Hollywood. Respect. Ca tue non ?

mercredi, 18 juillet 2007

Nom de nom

30606db73c06fee2da0720e45985878a.jpgLe choix des prénoms donnés aux enfants sudistes me laisse perplexe.

Il y a les noms-noms, très très mimis (surtout avant deux ans) : Bibi, Nana, Lala, Bebe, Jojo, Mimi, Deedee, Cissy, Lilly, Kiki…
Suivent les non-innés, surnoms (souvent offensifs sinon c'est pas drôle) devenus prénoms : Coffee, Pickle, Chubby, Buddy, Bread, Bee, Bat, Boss, Pumpkin, Bubba, Poker, Rusty, Dusty, Giant, Buzz, Pookie, Skip… (Café, Cornichon, Potelé, Pote, Pain, Abeille, Chauve-souris, Chef, Citrouille, Pépé, Poker, Rouillé, Poussiéreux, Géant…)
Viennent les noms de famille, devenus prénoms (très très chic, presque aussi chic que Junior, Senior ou III) : Slater, Lanier, Landsford, Skeeter, Ringan, Barton, Holcomb…
Arrive un cortège de southern-noms donnés aux seules southern-belles (vous voyez une new-yorkaise s'appeler Peggy Sue, vous ?) : Betty Lou, Lisa Marie, Jo Beth, Barbara Ann, Sara Beth, Lucy Ann...
Puis les petits-noms, les surnoms : Bobby, Bill, Mack, Mick, Rick, Vick, Drew, Cathy, Betty, Abby, Tim, Ron, Pam…
J’oubliais, les noms-état-civil (très pratiques pour engager la conversation) : April, May, June, September, December, les Alexandria, Augusta, Carolina, Charlotte, Dallas, Georgia, Savannah, Thames (photo)…
Enfin les noms aux consonances étranges (du moins pour moi) : Raiferd, Kenyon, Eulalia, Huitt, Stiles, Payne, Trevor, Truitt, Ladd, Bowie…

Moi, je suis devenue "French Anne".
Quand on y pense, « Anne » c’est d’un ennuyeux.
“French Anne” est effectivement plus exotique,
Et puis, par les temps qui courent, c'est plus class que Paris.

lundi, 16 juillet 2007

Expat… Triés ?

b99da2290f885dea4563671fad9f9d37.jpgChaque voyageur est un ambassadeur qui s’ignore, un agent actif diplomatique. Pas d'exception française.

Que l’imprudent rote en public hors de ses frontières et l’observateur local imagine que tout Français qui s’irrespecte, rote. En public. Qu’il s’oublie sa douche, notre voyageur, et les Français deviennent un peuple tiers-mondiste, un amas de gueux, ignorant le confort moderne, le savon et le fil à dent. Qu’il boive et les Français deviennent un peuple d’alcooliques, entraînés au berceau à téter le jaja. Le gouvernement devrait surveiller de près ceux qu’il laisse partir. Le diplôme du « Plus Français que moi tu te guillotines » devrait être exigé avant l’embarquement.

« L’Etat, c’est moi » disait Louis, 14e du nom. « La France, c’est nous », ajoutent en choeur les expat’. Et si vous n’endossez pas vos origines, les indigènes se chargent de vous réduire à une caricature.

Le temps d’un « Bastille Day », d’un quatorze Juillet, notre famille fut à l’honneur et la France derrière nous. Nous étions les plenty-potentiaires du jour, la fête était au bleu, au petit blanc, et au gros rouge, la fête aux bérets et aux moustaches, la fête au fromage, à la baguette, la fête à l’Edith Piaf, au Jacques Dutronc et à la Marseillaise. Le temps d’une soirée « Vive la France », nous étions supposés maîtriser notre franchitude, depuis l’art de préparer le kir, de cuisiner le clafoutis ou de porter le béret, jusqu’aux grandes dates de la révolution. Je me chargeais des premiers, mon Titi se chargeait du reste. Graminou se la jouait FFF, Zouzoune ajoutait les couettes au tableau, drapeau sur le coeur. Plus triés que nous, tu f'expat'.

Voir l'album !!

jeudi, 12 juillet 2007

Gloubibougraham ou le complot révélé

91bb8c52082be09f9f64bdd0f0447824.jpg"Si les Anglais peuvent survivre à leur cuisine, ils peuvent survivre à tout." Affirmait Bernard Shaw. Shaw ne connaissait pas mes amiricains.

Au sommet d’une semaine à plancher sur le thème de la «Sauvons la Planète», développant des sujets tels que le « Cycle de l’eau », le « Réchauffement climatique» et autres sujets brûlants, le centre aéré de Graham n’hésite pas à tester sur ses jeunes recrues la véracité de cette citation.

Au menu du goûter des petits nenfants, la glace Gloubiboulgesque
• Cinq/Six oreos écrasés (sorte de BN, couche de vanille entre deux biscuits chocolatés)
• Une rasade de Sprite
• Deux boules de glace vanille
• Des paillettes de sucre de toutes les couleurs
• Une rasade de Soda au raisin
• Une rasade de Coca cola
• Une poignée Gummy-worms, sorte de Haribo-croco-gelifies en forme de ver de terre.

Vous mélangez et vous… Dégustez ? Résultats ecco-logique : les parents sont verts et les émissions de gaz à effet de serre, garanties ! J’en suis maintenant convaincue, ce centre aéré est financé par une organisation extra-terrestre dont l’objectif est de sauver la planète… De ses habitants !

mercredi, 11 juillet 2007

the Bunko gals are in town

a447321fa22846cbbd26936705aa3b31.jpgLes Etats-Unis de Georgie du Sud est un monde très sexiste. Et vous pouvez compter sur les filles pour en rajouter. Ici les « gals*» s’habillent en rose, boivent leur Corona le petit doigt en l’air, rient comme des baleines hystériques et sortent entre elles à la moindre occasion. Il y a la soirée de filles, le dîner de filles, le book club, le whine club, le tupperware club, le happ’hips hour, le whatever shower**…. Et le bunko.

J’ai fait les premiers, les suivants, me voilà bunko-girl myself (Règles du bunko en bas de note). Depuis que nous avons déménagé sur le continent, je découvre un réseau féminin aussi fort qu’étendu. Mes voisines deviennent des copines qui me présentent leurs voisines qui deviennent des copines qui présentent leurs voisines… Et tout ce petit monde de fille se retrouve chaque mois pour jouer au Bunko.

Jamais vu jeu plus…. Elémentaire. Et tel est le secret. Bunko doit être le seul jeu collectif qui permet de boire et papoter et boire et papoter et se resservir et papoter, pendant les parties sans perdre le fil… de la conversation. Et croyez-moi, lundi soir, j’ai beaucoup, beaucoup, beaucoup… papoté et je suis quand même repartie avec $50 !!

La question se pose, malgré tout : que font les boys de tout ce temps sans Poupoune ?


* Ici, les girls s’appellent gals, pas sûr que les boys puissent user du terme !

O.K., allez, je sais c’est mercredi, mais on se concentre : 3 dés, 6 tours, 2 équipes de 2 personnes par table. Chacune son tour roule les dés. Premier tour, on roule pour les uns, deuxième tour pour les deux, troisième pour les…. Jusqu' au sixième tour ou l’objectif est de tirer des… six ! Bravo.
O.K. on reste focus : nous sommes, par exemple au deuxième tour. Je jette les dés. Si je tire un deux, je re-roule jusqu'à ce que je ne tire pas de deux, je passe alors à l’une des équipière de l‘équipe adverse qui jette les dés. Si elle tombe sur un deux, elle continue, sinon elle passe à mon équipière qui jette les dés….. Jusqu'à ce que l’une des deux équipe atteigne le score de 21. Si vous tombez sur 3 deux, c’est 21 direct, c’est Bunko ! Palpitant.

mardi, 10 juillet 2007

Rebecca, reine du pop

432cc37556d47f44283bc9f809be804b.jpgLe pop-corn-beurre-coke est au cinéma ce que le plateau est à la télé : Vous pouvez faire sans et sain, mais c’est tellement mieux avec. Calories en prime… time.

Toute salle de cinéma qui se respecte, nourrit un vibrant concert pop cornien de mandibules s’attaquant aux rondeurs beurrées avec la régularité d’un métronome bien graisseux –pardon- graissé. Le public sort repu, les doigts salés et parfumés, « Merci, oui, les pop-corns étaient bons ».

Pour apprécier le film, faut se fondre dans la masse, coller à l’audience, plonger bruyamment le bras dans son sceau, en cadence, avec son voisin, enfourner haut & fort son mais gonflé, mastiquer lorsque les autres mastiquent, et savourer en chœur ce moment d’intense fusion.

Chaque fois, je fais l’impasse sur ce pilier de l’expérience culturelle américaine. Mauvaise mère. Je prive mes kids de cette communion religieusement cacophonique et calorique. Cette fois Rebecca était avec nous. Nous sommes allés voir Ratatouille (prononcez à l’américaine : Ra-ta-tou-i), une histoire de Chef Rat vaut bien un petit écart. Allez Rebecca, supersize-nous !

dimanche, 08 juillet 2007

Les restes au rang

4e7cf2bc7919daab5cb009c1d93a5c43.jpgLeurs copains sont élevés au "Mac-Do-King-Fried-Chicken", surgelé et "processed food", je mets un... poing d'honneur à élever les kids au fait-maison. Résultat, ils sont tenus de manger des légumes, souvent verts et verreux, non-calibrés, des ratatouilles, des oeufs de ferme, des gâteaux à la farine complète, j'en passe et des plus sexy. Non seulement, ils doivent manger mais ils sont tenus d'aimer : chez nous comme chez les autres, faut pas vexer la cuisinière, surtout lorsque le repli Bolino-Knor est impossible.

Le summum de cette persécution quotidienne est l'anniversaire. Chaque année, Zouzoune a son poulet organique d'anniversaire, Graminou son gâteau aux citrons non-traites... et Maman et Daddy vont au restaurant ! Cette année kids et parents ont déplié leurs serviettes damassées, chez Christie's-Refined-Cuisine. Bon anniversaire Daddy.

Graminou n'avait jamais vu un menu à la couverture en vrai Skaï, l'avait jamais bu un vrai-faux cocktail ("avec la cherry t'as vu"), l'avait jamais vu un amuse-bouche ("Moi je trouve pas ça drôle, c'est tout p'tit"). Zouzoune, de son cote, était parfaitement à l'aise dans cette opulence gustative, les sens en éveil, les papilles caressées par le veloute d'une soupe au melon, le fumet d'une huître chaude Rockefeller, la rondeur d'une purée à l'ail... Seulement, un estomac de 12 ans, au bout du troisième plat, ça cale. Pas de panique, j'explique à Zouzoune le concept du "Doggy-bag" littéralement le Sac Chienchien, les restes sont glissés dans un plat pour être emporté à la maison, un casse-croûte pour le maître ou son doggy.

- Doggy bag, hurle Zouzoune indignée, je veux pas de Doggy-bag... Je veux un Kitty-bag*

*Sac Chat

Toutes les notes