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vendredi, 29 septembre 2006

Made in Chambord (ou presque)

A la question : « Et d'où viens-tu ? »
Je répondais : « Blois ». Réponse invariablement suivie d'un silence insondable que je pouvais traduire par : « Ahhh la garce ! Elle aurait pu répondre Paris, j'aurais alors évoqué mon séjour, été 78, j'aurais étalé mes connaissances, le Louvre, St. Germain, Hard Rock Café. Elle aurait pu dire St. Trop', St. Paul de Vence ou Cannes… Gosh, so rude. »
En plus d'être inconnu, Blois est un mot imprononçable pour un ami-ricain. Si ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, Blois est absolument inconcevable.

Donc, à la question : « D'ou viens-tu ? » (aimable question d'introduction)
Je réponds : « Chambord. »

Incroyable ! Ils connaissent TOUS Chambord ! Jusqu'à hier je pensais que nous devions cette notoriété à la liqueur Chambord.

Hier Renée me demande :
- D'où viens-tu ?
- Chambord !
- Ahh, je connais Chamboour (…rate jamais !!), un film a été tourné à Chamboour.
Wouaha, on me l'avait jamais faite celle-là. Chapeau bas !
- Yes, wizz Catherine Deneuve, Jacques Demy and Michel Legrand, un conte de fairy, une interprétation de Skin d'Ane.
- Catherine Dounouve, c'est ça ! Et le titre c'est « Les parapluies de Chamboour », non ?

Ben, j'ai dit « oui ».
Je sais.

jeudi, 28 septembre 2006

La Food Folle

medium_grippe_aviaire_vache_folle.jpgGraham peut se réjouir, les épinards ne figurent plus au menu maison, sont bannis de la cafétéria, rayés de la Carte !

Après le décès d'une femme de 77 ans dans le Wisconsin, après la contamination de 175 personnes à travers 26 états*, plus d'une douzaine de marques d'épinards crus en sachets sont retirés des rayons ricains. Les investigations menées par les enquêteurs ont permis de remonter à la source de production, les champs du Comte de Monterey, Californie. Une calamité pour la région, un désastre pour les hérauts de la Food Pyramide, une catastrophe pour les veggies moms… Les mamans pros légumes.

La responsable est une bactérie appelée E. Coli. En temps « normal », entre 25 et 30% des personnes infectées sont hospitalisées. Dans le cas présent, le chiffre atteint 55%.

55%, ça fait beaucoup de rejection de matière pour le commun des malades. Anémie et infection des reins pour les moins chanceux : les très jeunes ou les vieux vieux.

Après les zoonoses, les vetegoses, après la vache folle, le mouton maboul ou la grippe aviaire, après le mercure dans le poisson et les biotoxines des crustacés, l'homme poursuit son œuvre d'autodestruction sous l'œil narquois de mère nature, soja transgénique, mais trafiqué, vin français… spinach fou ! Suivant ?? La carotte crétine ? Le navet névrosé ou la scarole schizophrène ?

Gosh, et je leur sers quoi, moi, ce soir ?


*California (1), Connecticut (2), Idaho (5), Illinois (1), Indiana (8), Kentucky (6), Maine (2), Michigan (4), Minnesota (2), Nebraska (6), Nevada (5), New Mexico (2), New York (9), Ohio (15), Oregon (5), Pennsylvania (6), Utah (16), Virginia (1), Washington State (2), Wisconsin (32) and Wyoming (1).
*Source Cnn.com from AP POSTED: 8:18 p.m. EDT, September 26, 2006

vendredi, 22 septembre 2006

And ze winner iz…

Walla Walla, état de Washington, O.K… Mais nous sommes deuxièmes !
Deuxième place dans un pays de 9,631,418 km2, 30000 cities et plus de 100 000 towns. Pretty impressionnant, non ?

St. Simons Island pose son nom sur les cartes… vermeils. CNN et Money magazine viennent de décerner à notre petite île la médaille d’argent des villes idéales pour prendre sa retraite : Ze beste place to retire. Yes m’am!

Les critères de sélection étaient : santé, culture, climat, espaces verts et immobilier. Oui are ze best, du moins les seconds best.

Et je confirme :
1. Nous devons compter plus d’infirmières à domicile que n’importe quelle riviera au monde.
2. SSI est mondialement jalousée pour son musée du phare, ses 6 salles de cinema ventilées, ses cours de poterie, ses deux magasins de location de cassettes Dvd ET VHS, sa librairie publique fermée depuis deux ans, ses bars équipés d’écrans télévisions branchés en permanence sur les chaînes sportives, et… et… son Domino’s Pizza, Dairy Queen, et Mac Do, et Burger King ; et Kentucky Fri…. Loads of pure culture locale.
3. Coté climat, SSI est chaudement recommandé aux atrophiés des glandes sudoripares 4 mois de l’année, particulièrement recommandé aux chasseurs d’ouragans du 1er Juin au 31 Octobre.
4. Pour ce qui est de l’espace vert, entre les marais entourant l’île à perte de vue, les hectares de golfs privés et les algues d’East Beach, vue d’avion nous avons certainement explosé les scores dans la catégorie.
5. L’immobilier est définitivement un marché actif. Pour preuve, la moitié des résidents est agent immobilier à plein temps ou en part-time. L’autre moitié est avocat, médecin, banquier ou constructeur. Les infirmières à domicile, femmes de ménage, jardinier, ou tous ces gens qui travaillent au service des retraités, habitent tous le continent. Faut être aisé pour payer les taxes locales !

Bref, une chose est sûre, retraité, si tu viens t’installer sur St. Simons Island, tu auras une vie de rêve. Pas de stress au volant, la conduite est limitée à 25/h sur la plupart des routes de l’île, 10/h sur le reste. Personne ne te ratera ton look, les coiffeuses sont toutes des reines de la couleur. Aucun mal à trouver un partenaire de golf ou de bridge. Avec un régime crevette bouillie, crabs cakes, grits (bouillie de, mais, spécialité géorgienne), hot dogs ou grits aux saucisses et crevettes (grand succès dans les restaurant du coin), ton appareil continuera d’appareiller longtemps. L’été, tu iras regarder les cars de touristes déverser leur précieuse cargaison de retraités d’ailleurs. L’hiver, tu pourras compter sur la visite de tes enfants et petits-enfants, ravis d’échapper au froid qui s’abattra sur le reste du pays. CNN et Money n’ont pas menti : St. Simons sera pour toi mieux qu’un paradis sur terre, St. Simons sera l’anti-chambre du paradis céleste.

lundi, 18 septembre 2006

Monde de requins

medium_hhead.jpgHier, fin de journée. À l’heure où les envahisseurs du dimanche désertent East Beach… Des milliers de shrimps reprennent leurs droits sur les nageurs, le maquereau espagnol remplace le touriste géorgien, le Bass rouge remplace les peaux blanches, la marée s’attaque aux châteaux… Et les frenchies vont au bain. Plus un nageur à l’horizon, la mer nous appartient. Nous reprenons victorieusement un territoire usurpé : à nous le sable dans les oreilles, le maillot au varech et la peau salée !

Zouzoune d’amour plonge dans les vagues, Graminou se roule dans le sable et l’écume, Mademoiselle Lucy Lucette aboie de bonheur. Je reste au bord, à surveiller mes chiots. Le courant est puissant. À chaque vague, mes pieds s’enfoncent un peu plus dans le sable. Bonheur.
Le pêcheur installé à 20 mètres de nous fait une touche, sa canne se courbe violemment, Pêcheur bobine, débobine, rembobine. La foule des marcheurs du dimanche soir s’amasse autour de ce jeune homme et sa mer.

Deux requins en moins de dix minutes. Un petit Scalloped hammerhead shark d’un metre et un beau Atlantic sharpnose.
- La pêche est bonne, ce soir, Monsieur Pêcheur !
- Moyenne, normalement à cette heure-ci ça pullule : Sandbar shark, lemon shark, Blacktip shark, Bonnethead shark, Spinner Shark, Finetooth shark et whatever shark. Ils sortent le soir.

Mourir.
Sont pas si cons les touristes et les locaux de nous laisser la place, les fourbes, monde de requin.

Il ne me reste plus qu’à convaincre Zouzoune qu’elle n’a rien d’une crevette et que ces requins-là, comme les autres poissons ne se nourrissent que de mollusques et petits poissons et que si maman reste au bord c’est pour mieux surveiller, meme pas peur. Monde de requin.

lundi, 04 septembre 2006

Tour of (my) Home(s)

Pour mesurer le fossé culturel me séparant de mes Ami-ricians, suffit d’une invitations. A table, la position d’un bras (sur ou sous la table ?), le service (chacun son tour ou chacun pour soi ?), la couleur d’un verre (rouge ou verre d’eau ?), le ton de la conversation (policée ou polissée ?), les sujets de conversation (politique-bouffe-foot ou foot-bouffe-enfants), le menu (à rallonge ou raccourci), le contenant d’une soucoupe (pain ou salade ?), soupe en entrée ou fromage et dessert ?.....

Mais avant de passer à table, laisser vous entraîner dans le sacro-saint “Tour du propriétaire”. Si vous êtes en territoire français, vous ne verrez rien, à peine visiterez-vous le jardin et ses rangs de tomates, la cave et ses rangs de piquette, le salon Monsieur Meuble, la vue depuis le balcon, et l’écran placenta. La Française vous présentera sa nouvelle hotte aspirante et le chemin des toilettes. Point. L’Ami-ricain, lui, ne vous épargnera rien. Depuis le nom de son architecte jusqu’à la provenance des carreaux de la salle-de-bains rose. Pas un placard que vous n’aurez inspecté, pas une penderie que vous n’aurez manqué. De l’épaisseur de la moquette à celle du papier-peint, en passant par la place de Monsieur, au lit ou l’histoire du lit de la chambre d’amis dont le bois.... bla-bla.

Il faut être Américaine pour trouver les mots d’extase adaptés à chaque nouveau détail, chaque pièce, chaque meuble. Il faut être Américaine pour ne pas ressentir ce petit sentiment de violation de domicile, d’inspection d’huissier ou de voyeurisme. J’aime le mystère, cette part d’ombre, ignorer la couleur du lavabo de mes voisins, ou la manière dont Donna range ses chaussures et Bobby ses cravates.

Je me suis longtemps demandé pourquoi mes Ami-ricaines n’invitaient jamais, ou si peu. L’énergie dépensée à briquer ses fonds de tiroirs et cuisiner dans un même élan, me semble écrasante. Et je ne parle pas de la pression sociale : s’agit pas que les invité(e)s ne découvrent que le rabat de vos toilette est en plastoc et votre lit n’est pas à baldaquin. Faites briller. Ceci dit, ce petit tour est le bienvenu. Dans une région ou tout sujet d’actualité, politique, social, racial, religieux, intime, sexuel... est tabou, la couleur du couvre-lit semble un sujet inoffensif et anodin et bienvenu. Au final, j’en aurais appris plus sur mes hôtes en un tour de chambre qu’en une soirée de papotage anodin. Est-ce pour cela que mes invités se contentent de la cuisine ou du salon, au risque de limiter les sujets de conversation ?

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