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lundi, 04 septembre 2006

Tour of (my) Home(s)

Pour mesurer le fossé culturel me séparant de mes Ami-ricians, suffit d’une invitations. A table, la position d’un bras (sur ou sous la table ?), le service (chacun son tour ou chacun pour soi ?), la couleur d’un verre (rouge ou verre d’eau ?), le ton de la conversation (policée ou polissée ?), les sujets de conversation (politique-bouffe-foot ou foot-bouffe-enfants), le menu (à rallonge ou raccourci), le contenant d’une soucoupe (pain ou salade ?), soupe en entrée ou fromage et dessert ?.....

Mais avant de passer à table, laisser vous entraîner dans le sacro-saint “Tour du propriétaire”. Si vous êtes en territoire français, vous ne verrez rien, à peine visiterez-vous le jardin et ses rangs de tomates, la cave et ses rangs de piquette, le salon Monsieur Meuble, la vue depuis le balcon, et l’écran placenta. La Française vous présentera sa nouvelle hotte aspirante et le chemin des toilettes. Point. L’Ami-ricain, lui, ne vous épargnera rien. Depuis le nom de son architecte jusqu’à la provenance des carreaux de la salle-de-bains rose. Pas un placard que vous n’aurez inspecté, pas une penderie que vous n’aurez manqué. De l’épaisseur de la moquette à celle du papier-peint, en passant par la place de Monsieur, au lit ou l’histoire du lit de la chambre d’amis dont le bois.... bla-bla.

Il faut être Américaine pour trouver les mots d’extase adaptés à chaque nouveau détail, chaque pièce, chaque meuble. Il faut être Américaine pour ne pas ressentir ce petit sentiment de violation de domicile, d’inspection d’huissier ou de voyeurisme. J’aime le mystère, cette part d’ombre, ignorer la couleur du lavabo de mes voisins, ou la manière dont Donna range ses chaussures et Bobby ses cravates.

Je me suis longtemps demandé pourquoi mes Ami-ricaines n’invitaient jamais, ou si peu. L’énergie dépensée à briquer ses fonds de tiroirs et cuisiner dans un même élan, me semble écrasante. Et je ne parle pas de la pression sociale : s’agit pas que les invité(e)s ne découvrent que le rabat de vos toilette est en plastoc et votre lit n’est pas à baldaquin. Faites briller. Ceci dit, ce petit tour est le bienvenu. Dans une région ou tout sujet d’actualité, politique, social, racial, religieux, intime, sexuel... est tabou, la couleur du couvre-lit semble un sujet inoffensif et anodin et bienvenu. Au final, j’en aurais appris plus sur mes hôtes en un tour de chambre qu’en une soirée de papotage anodin. Est-ce pour cela que mes invités se contentent de la cuisine ou du salon, au risque de limiter les sujets de conversation ?

Commentaires

Etranges ces Ami-ricains. Mais tout de meme certains de leurs films abordent plus franchement qu'on pourrait l'oser en Europe, certains pbs.
Je pense à la guerre au Vietnam, aux films sur la vie Politique made US....

Ecrit par : jean paul | jeudi, 07 septembre 2006

tres bien observé, voici 25 ans que j'ai immigré au canada, et je n'avais pas pensé à ça. C'est vrai aussi de ce coté de la frontière surtout du coté Anglophone du Canda, je dirais que les canadiens français moins...

Ecrit par : GUIZEE | lundi, 11 septembre 2006

Si je comprends bien : La spaghetti-party impromptue aprce que l'on s'est croisé dans la rue est totalement exclue ;-)

Ecrit par : Soeur Anne | lundi, 11 septembre 2006

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