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mercredi, 30 août 2006
"Labiche" et "Ma Crotte", ça laisse des traces !
Graminou.
C'est mignon Graminou. Toujours mieux que Chonchon D'Amour. Faut vraiment être fondue pour appeler son fils Chonchon. Fondue ou mère indigne ! Graminou, pour un Chonch… pardon, pour un garçon qui s'appelle Graham, ça s'explique, se justifie, ça passe, et même en public. Pas le public des copains, certes, mais vous en connaissez beaucoup des surnoms potes-proofs ? Des surnoms dont « on » ne rougisse pas devant ces potes ? Pas un, je n'en connais pas un.
D'où vient le surnom Chonchon ? De Bichon ? Nan, vraiment cruche Bichon. De Cabochon ? Nan, trop précieux ou trop blésois. De Souchon. Nan, trop lyrique. De Bouchon ? Eh, faut pas pousser ! Nan, Chonchon vient de… Ronchon ! Je vous dis : mère indigne.
Si Saskia est mieux lotie ? Zouzoune d'Amour, vous trouvez ça mieux que Chonchon ? Saskounette, ça s'explique… Pour le reste... Comment ça « le reste » ? Croyez-vous possible, qu'en douze ans de parenting, mon cerveau créatif (et je ne parle pas de celui de Titi) en soit resté à Zouzoune ? Vous plaisantez ! Saskia est aussi, Sas, Moon, Moonette (petite lune), Moon boots, Honey Pie (tarte au miel), Sweety Pie, Sweety, Bella, Bidoune, P'tit Bidou, Minouchette, Chatounette, Kittykat, Kitkat, Bibiche, Bichette, Zoune… Mère indigne.
Je sais, mais j'peux pas aider. Toute une enfance à s'entendre appeler Eugène Labiche ou Ma Crotte, croyez-moi, ça laisse des traces.
Si leur père intervient ? Lui c'était « Biquet ». Il s'en remet à peine mon Titi.
Je vous dis, sans espoir.
19:10 Publié dans la familia | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
mardi, 29 août 2006
C'est dur d'être prude
Caissière 1 : Quel titre avez-vous dit ? Pas entendu.
Moi : Hum, pour mon book club, je cherche la pièce “Les monologues du vagin”.
Caissière 1 : Les monologues du machin ?
Moi : Vagin.
Caissière 1 : Entends pas.
J'ai pourtant choisi une femme d'age mûr, certainement équipée dudit… hum-strument. Je ne vais quand même pas te le hurler ? Si ?? Soit.
- Va-Gin (et que je te l'épelle dans la foulée), V-A-G-I-N.
Le caissier voisin se retourne, jeune et mignon et, forcement, hilare. Je n'ai pas rougi comme ça depuis qu'en 5e A, Mélanie Pouchon et ses gros lolos m'ont demande si j'avais déjà baisé. “Bee” quoi ? “Ber”, comme laisse tomber !
Caissière 1 : Ah ! Vagin. Vous cherchez “Les monologues du vagin” d'Eve Ensler ?
Moi : Certainement.
Caissière 1 : M'en reste deux.
Caissier 2 : C'est plus un monologue, c'est de une conversation ! S'étouffe le caissier.
Caissière 1 : M'en reste deux, réservés under Johnson, sous Johnson.
Caissier 2 : Sous Johnson !! Répète le cute caissier hilare, ma caissière s'y met aussi. J'ai dû louper un épisode… Je ne savais pas, moi, que Johnson, en argot d'avant et d'ici, c'est comme « popaul ou popol» en argot d'avant et de chez moi. Le zizi quoi. Le fossé culturel est parfois… impénétrable.
19:52 Publié dans Diantre ! | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
lundi, 28 août 2006
No lie left behind
Il est intrépide, enthousiaste, poli. Elle est blonde, jolie, pétillante, ses joues sont aussi roses que ses robes à froufrous. Ces icônes de l'Amérique post-dépression s'appellent Dick et Jane. Les deux enfants, héros de littérature jeunesse puis de manuels scolaires, serviront d'exemple à des millions d'élèves… Et leurs parents. Ils incarnent l'idéal Américain.
Trente ans plus tard, l'icône revisitée est resservie sur un plateau… télé. Dick et Jane sont devenus vedettes du petit écran : Lassy, Happy Days, Mon Ami Ben, la Petite Maison dans la Prairie, etc.
Aujourd'hui, ces enfants souriants peuplent les pubs, les paquets de couches-culottes et les boîtes de corn-flakes. Ils font rêver les parents, les conservateurs et les publicitaires. Toutes ses boucles blondes ou noires (diversité ethnique oblige), tous ses regards bleus, verts, pétillants, toutes ses images de bonheur infantile, de joie profonde, dans lesquels Amérique s'accroche, se contemple, se plonge... Et se noie.
Le miroir se brise. Dans une société déstabilisée par la guerre, la pauvreté, la menace terroriste, l'optimisme Américain ne peut plus se permettre d'être ce qu'il était : une négation du malheur, un rempart contre the reste of the monde. Certaines voix s'élèvent pour dénoncer : et quoi de plus émouvant -impactant ?- que la tristesse d'un enfant pour illustrer son message ?
Leurs larmes deviennent un manifeste, un symbole… Et un outil médiatique... Et un scandale.
Manifeste et scandale : l'exposition du photographe Jill Greenberg explore les visages couverts de larmes de bambins, ces visages évoquent la rage, la frustration que ressent Greenberg lorsqu'elle pense a… Bush. La réaction du public est immédiate. Les bloggeurs voient en Greenberg l'incarnation du mal, une Cruella avide de malheur et d'argent, le diable fait femme, etc. J'en passe et des plus haineux.
Outil: objectif « Une » pour Greenberg, dont le website confirme "le scandale est totalement positif, au final. »* Greenberg investit la première page des journaux et les plateaux de télévision.
Symbole : un an après l'ouragan Katrina, la couverture du New York Times Magazine présente le travail de Brenda Ann Kenneally's sous le titre "Children of the Storm". Ces enfants de l'ouragan au regard triste et las, vivent dans des mobil-homes et se nourrissent plus souvent de débris que d'espoir.
Difficile de regarder cette vérité en face. Difficile d'admettre que l'échec existe aussi au pays de tous les possibles. Non, tout n'est pas rose. Seulement de là, à admettre que les petits enfants Américains pleurent, il y a un monde… Un tiers monde.
http://www.manipulator.com/
* 07.28.2006: the scandale has been all good, in the end. jill was on good morning america, channel 7 news in LA, air america, inside edition next week... all this and a christina aguilera shoot for the magazine cover in studio friday july 28th.
15:15 Publié dans blablabla | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




